Chikungunya : le contexte

Le chikungunya n’est pas une maladie nouvelle. Son nom a été utilisé pour la première fois en 1953 lors d’une épidémie en Tanzanie. Le virus chikungunya a été isolé pour la première fois en 1952-1953 lors d’une épidémie de fièvre qui sévissait sur le plateau du Makonde dans la province de Newala au Tanganyika (actuelle Tanzanie).

La maladie est responsable d’affections sévissant sous forme endémique en zones rurales d’Afrique sub-tropicale, et sous forme épidémique dans des populations non immunes, en particulier urbaines (Afrique, Inde, Vietnam). Elle a également été signalée en Asie du sud. L’affection se propageant si rapidement, au sein et à la périphérie des villages durant la saison des pluies de juillet jusqu’en février, fut nommée par les villageois chikungunya, terme d’une langue bantoue différente du kiswahili.

Depuis 1952, plusieurs épidémies de fièvre chikungunya, confirmées biologiquement, ont été décrites en Afrique sub-saharienne, dans le sous-continent Indien, en Asie du sud-est et dans de nombreuses îles du Pacifique. Aucun cas de fièvre chikungunya n’a jamais été rapporté dans l’hémisphère occidental.

Des épidémies de chikungunya antérieures à 1952 ont pu être identifiées rétrospectivement à la lumière des connaissances actuelles de la maladie.

Le virus chikungunya est un arbovirus. La transmission se fait d’homme à homme par l’intermédiaire de moustiques du genre Aedes. Le moustique aedes albopictus est le vecteur de transmission locale du chikungunya.

Le virus a été identifié en mai 2005 à La Réunion. Le premier cas y a été enregistré le 22 février. Fin novembre 2005, 4500 personnes étaient contaminées. Au 24 février 2006, le virus du Chikungunya avait touché plus de 150 000 personnes, soit 20% de la population de l’île, avec près de 120 000 nouveaux cas rien que pour le début de l’année 2006. L’île de La Réunion n’est d’ailleurs pas le seul pays touché. Le chikungunya a fait son apparition aux Comores en juillet 2004. Le nord de Madagascar, Maurice, et Mayotte, avec plus de 5000 cas recensés, ne sont pas épargnés, même si l’on en parle finalement assez peu.

Quelques cas de contaminations sanguines existent toutefois dans la littérature médicale. Ils sont extrêmement rares et concernent du personnel soignant qui s’est involontairement inoculé le virus.


La surveillance en France

Le potentiel de transmission du virus chikungunya existe en métropole en raison de l’implantation géographiquement limitée du moustique vecteur (Aedes albopictus) et d’une possible introduction du virus par des personnes infectées en phase virémique.

Depuis avril 2006, l’infection à chikungunya est une maladie à Déclaration Obligatoire en France métropolitaine et dans les Antilles-Guyane. Elle a pour objectifs la détection rapide des cas importés et autochtones afin de mettre en place les mesure de lutte anti-vectorielle, la description des caractéristiques des cas et le suivi des tendances (échelon départemental, régional).

Le dispositif de surveillance est adapté au risque vectoriel. Il comporte la déclaration obligatoire des infections confirmées à virus chikungunya dans les départements du territoire métropolitain et les départements d’Antilles-Guyane. Au 3 juillet 2006, dans les départements où l’implantation du vecteur est avérée, Alpes-Maritimes, Haute-Corse et Antilles-Guyane, un système d’identification précoce des cas importés ou autochtones a été mis en place. La Réunion et Mayotte sont des zones de circulation endémo-épidémique du chikungunya. Ils ne sont donc pas soumis au système de la déclaration obligatoire du chik et bénéficient d’un système de surveillance spécifique.

Sources :
-   InVS

-   http://www.chikungunya.gouv.fr


La surveillance à La Réunion

Objectifs


-  détecter précocement des cas de chikungunya afin d’identifier rapidement les foyers de transmission du virus afin que les mesures de lutte puissent être ciblées et mises en œuvre sans délai par les services de la DRASS et leurs relais sur le terrain.
-  suivre l’évolution de l’épidémie en permettant une estimation du nombre de cas.

Définition des cas incidents de chikungunya

-  Cas suspects : fièvre élevée à début brutal ≥ 38,5°C ET douleurs articulaires incapacitantes (éventuellement accompagnées de céphalées, éruption cutanée, myalgies) ET absence de tout autre point d’appel infectieux.
-  Cas confirmés : tout cas de chikungunya défini par la mise en évidence d’une fièvre supérieure à 38,5°C d’apparition brutale évoluant depuis moins de 7 jours, en l’absence de tout point d’appel infectieux, ET des douleurs articulaires incapacitantes (éventuellement accompagnées de céphalées, éruption cutanée, myalgies) ET d’une confirmation biologique (IgM positives ou RT-PCR positive ou isolement viral).

Surveillance clinique

Pendant l’épidémie, les médecins du réseau ont notifié à l’ORS tous les cas incidents suspects de chikungunya qu’ils ont observés. Depuis l’entrée en phase inter-épidémique en avril 2007, il n’y a plus de surveillance clinique.

Surveillance biologique

En cas de suspicion de chikungunya, il est recommandé à tous les médecins de l’île de prescrire un prélèvement sanguin à visée diagnostique.

Le point sur l’épidémie de chikungunya

Point Epidémiologique Mensuel de la CIRE Réunion Mayotte. (voir en haut à droite)


Archives du point épidémiologique sur le chikungunya depuis 2005






Janvier----------Janvier 2006Janvier 2007
Février----------Février 2006-Février 2007
Mars----------Mars 2006Mars 2007
Avril----------Avril 2006Avril 2007
Mai
Zip - 303.9 ko
Mai 2005
Mai 2006Mai 2007
Juin
Zip - 1 Mo
Juin 2005
Juin 2006Juin 2007
Juillet
Zip - 530 ko
Juillet 2005
Juillet 2006Juillet 2007
Août
Zip - 414.1 ko
Août 2005
Août 2006Août 2007
Septembre
Zip - 252.8 ko
Sept 2005
Sept 2006----------
Octobre
Zip - 419 ko
Oct 2005
Oct 2006----------
Novembre
Zip - 291.9 ko
Nov 2005
Nov 2006----------
Décembre
Zip - 494.4 ko
Dec 2005
Dec 2006----------








Poster

Vous pouvez télécharger le poster que l’ORS a présenté lors du Colloque Chikungunya les 3 et 4 décembre 2007

"Epidémie à virus Chikungunya en 2005 et 2006 à l’île de La Réunion : description des cas notifiés par les médecins du Réseau de surveillance"

PDF - 81.4 ko






Point entomologique et épidémiologique mensuel sur le chikungunya

Depuis le 19 avril 2007, l’île de la Réunion est en phase inter-épidémique pour le chikungunya.
La surveillance épidémiologique repose désormais sur le signalement à la Cire Réunion Mayotte des cas confirmés biologiquement par les laboratoires.


Point épidémiologique Chikungunya pour le mois de janvier 2008, cliquez sur le moustique !

PDF - 89.7 ko












Surveillance

1. RESEAU DE SURVEILLANCE

  • a. Introduction/historique
  • b. Les partenaires
  • c. La Gazette du Réseau


2. LA GRIPPE
  • a. Le contexte
  • b. La surveillance dans le monde
  • c. La surveillance en France
  • d. La surveillance à La Réunion
  • e. En savoir +



3. LA DENGUE

  • a. Le contexte
  • b. La surveillance dans le monde
  • c. La surveillance en France
  • d. La surveillance à La Réunion
  • e. En savoir +



4. LE CHIKUNGUYA

  • a. Le contexte
  • b. La surveillance en France
  • c. La surveillance à La Réunion
  • d. En savoir +



5. LES DIARRHEES AIGUES

  • a. Le contexte
  • b. La surveillance en France
  • c. La surveillance à La Réunion
  • d. En savoir +


Pour en savoir plus...

Site du Ministère dédié au Chikungunya : http://www.chikungunya.gouv.fr

Chikungunya et femmes enceintes

-  Site du Réseau Périnatal Réunion : http://www.perinat-reunion.org/

Conseils/Protection

-  Conseils aux voyageurs et questions les plus fréquemment posées (FAQS) : Site du Ministère de la Santé

-  Pour vous protéger des moustiques, téléchargez la plaquette "conseils" réalisée par la DRASS de La Réunion
-  Pour éliminer les gîtes larvaires, téléchargez la plaquette "conseils" réalisée par la DRASS de La Réunion

Documents destinés aux professionnels de santé

-  Repères pour votre pratique : document préparé par le Docteur Christian Lassalle (DRASS de la Réunion) à partir des contributions des médecins hospitaliers de la Réunion, de la CIRE, de l’ORS, des médecins du réseau Sentinelle, de la Médecine du Travail, du CIC-EC et du réseau Repère.
-  Pages complémentaires de "Répères pour votre pratique" sur les insecticides