La grippe est une affection contagieuse due à un myxovirus, survenant sous forme de grandes pandémies.
Le virus grippal appelé Influenza tire son nom de l’italien influenza : « influence du froid ». Il est caractérisé par des protéines de surface qui permettent de définir les différents sous-types à l’origine d’épidémies. Il existe 3 grands types de virus grippaux : A, B et C. Ce sont les virus A qui sont responsables des grandes pandémies mondiales.
Le réservoir et le pouvoir pathogène de ces virus sont à la fois humain et animal (oiseaux, porcs). La structure antigénique des virus grippaux est susceptible de varier d’une époque à l’autre et d’une épidémie à une autre. Ces variations expliquent l’épidémiologie de la grippe et les difficultés de la prophylaxie vaccinale.
La grippe est responsable d’infections saisonnières, sous forme de maladie respiratoire aiguë.
Elle est banalisée en raison de sa bénignité habituelle mais elle est responsable lors des épidémies qu’elle provoque d’une morbidité et d’une mortalité fortes. La pandémie mondiale de 1918-1919 a fait 20 à 40 millions de morts ! Plus prés de nous en août 2002, une flambée à Madagascar a fait 754 morts en 1 mois. Elle peut en effet entraîner de graves complications notamment chez les personnes âgées et sur des terrains fragilisés par des pathologies chroniques (insuffisance cardiaque, bronchopathies ....). Ses conséquences socio-économiques sont également importantes (arrêt de travail, absentéisme ...). C’est pourquoi elle fait l’objet d’une politique nationale de vaccination.
La vaccination anti-grippale est prise en charge par la Sécurité Sociale en France pour les personnes de plus de 65 ans et pour les personnes atteintes d‘une affection de longue durée (ALD).
Du fait de la perpétuelle transformation des souches virales, la connaissance et la surveillance de ses variations antigéniques sont primordiales pour prévenir de nouvelles épidémies et actualiser la composition des vaccins.
En 1947, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis en place un programme mondial de surveillance virologique afin d’identifier les souches en circulation. Trois centres internationaux ont été désignés pour recevoir les souches isolées des différents pays : Londres, Atlanta et Melbourne.
Plus d’une centaine de centres nationaux ont également été créés dans plus de 83 pays. Leur rôle est de centraliser les informations concernant la surveillance virologique de leur pays.
Les données de cette surveillance sont centralisées et disponibles sur Internet par le système FluNet
En France, les objectifs de la surveillance de la grippe sont de décrire les épidémies saisonnières, de vérifier la concordance des souches circulantes avec les souches présentes dans le vaccin, de mettre en évidence toute évolution anormale de l’épidémiologie grippale.
C’est l’Institut de veille sanitaire (InVS) qui a la responsabilité de la surveillance de la grippe en France et qui centralise les données.
La surveillance dans la communauté est assurée par le réseau des Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe (GROG) et le réseau Sentinelles.
Pour diversifier les sources de prélèvements, des groupes de préleveurs extra-hospitaliers se sont développés : le premier GROG (Groupe Régional d’Observation de la Grippe) a été créé en 1984 en Ile de France, sous l’égide d’une association de médecins généralistes franciliens, l’Institut Pasteur et l’ORS Ile de France. Les GROG se sont ensuite étendus. Ils couvrent actuellement 17 Régions sur 22. L’objectif principal des GROG est la détection précoce des virus grippaux permettant un meilleur contrôle des épidémies.
Dans le même temps, l’INSERM a mis en place le Réseau National Télématique des Maladies Transmissibles, ou
« Réseau Sentinelles » autour de la surveillance clinique en médecine de ville d’un certain nombre de pathologies dont les syndromes grippaux.
En 2003, l’InVS a mis en place la surveillance hebdomadaire de la mortalité par grippe, la surveillance des pneumopathies sévères pédiatriques, Il a également mis en place en 2005-2006, la surveillance des passages par les services d’urgences et des hospitalisations pour grippe. L’InVS participe également à la surveillance des cas groupés d’infections respiratoires basses dans les collectivités de personnes âgées.
En France les 2 centres nationaux de référence France-Nord (à Paris) et France-Sud (à Lyon) recueillent les données provenant des laboratoires hospitaliers de virologie. Ils analysent les souches virales et transmettent les plus pertinentes aux centres internationaux.
Sources :
E. PILLY. Maladies Infectieuses
Site Internet de l’ORS Basse Normandie
Coordination nationale des GROG, Open Rome : La Surveillance Nationale de la grippe en France.
Réseau Sentinelles de l’INSERM
www.invs.sante.fr/surveillance/grippe_dossier/default.htm
suivre l’évolution des syndromes respiratoires aigus et confirmer, par les analyses virologiques, la circulation de virus de la grippe (l’objectif final est de donner l’alerte en cas d’épidémie de grippe)
identifier et caractériser les virus de la grippe circulant à la Réunion (l’objectif final est de contribuer à la composition vaccinale et de vérifier son adéquation)
le nombre de patients (consultations et visites) vus au cours de la semaine précédente
le nombre de cas observés
"L’île de la Réunion connaît actuellement une
recrudescence des cas de grippe clinique. Toutefois, le phénomène apparaît plus important cette
année que les années précédentes.
Les examens biologiques réalisés pour identifier le virus en cause
retrouvent principalement un virus grippal de type A."
Téléchargez le point épidémiologique préparé par la Cire Réunion-Mayotte au 30 novembre 2007